Il se lève matin contemplant les bourgeons
Contenant comme une gangue les mémoires des horloges ;
Que le temps est passé, que le temps passera
Sous les dédales du monde et les poussières de soi.
Les souvenirs défilent comme s’écoulent ruisseaux
De visages en rivages, de voyages en bateaux,
Nos vagues mortes s’effacent dans le profond des gorges ;
Mais je te vois encore, toi et nos rêves horizon.
À la lueur de nos espoirs les fleurs printemps brillaient
De leurs pétales délicats et leur parfum si frais ;
Nous touchions le ciel et tu me disais oui,
Que nos chemins fleuris à jamais dans l’oubli
Viendraient semer la terre sur leur blé pourriture.
Dans cette ronde infinie où tout commence et finit,
Oui, nous traversions les flots à travers leurs dorures,
Protégeant nos rires d’enfant avant la déchirure.
Au crépuscule de nos mémoires les feuilles étreignent la terre
Et nous touchons ciel dans cet envol éphémère,
Pour nourrir les jardins, oui, de nos souvenirs
A la croisée des destins, pour ces fleurs à venir.
Il n’y a ni début, ni de fin, que le temps, oui, qui fuit
Nos deux yeux d’enfants, leurs sourires infinis.
De printemps en hivers, on écrit notre histoire
Sur les chemins de pluie où naissent les fleurs de l’espoir